Le choix du chaos, donc. Comme le craignait une écrasante majorité des professionnels du monde de la bande dessinée, Franck Bondoux et sa société 9Art+ restent à la tête de l’organisation du Festival d’Angoulême. Au terme d’une procédure d’appel à projets obtenu de haute lutte par les auteurs et les éditeurs, l’Association du festival a annoncé la reconduction du directeur général contesté depuis des mois, voire des années.
Avec un petit twist : 9Art+ devra travailler en binôme avec la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image pour l’organisation du festival à partir de 2028 (date à laquelle le nouveau mandat de dix ans prend effet). «Un projet commun devra être soumis à l’Association pour accord de principe au plus tard le 20 novembre 2025», précise le communiqué publié samedi matin auquel la Charente libre a eu accès. Le directeur de la Cité, autre finaliste de l’appel d’offres, avait pourtant refusé l’idée d’une candidature d’union, poussée par l’association du festival dans les dernières heures de la procédure. L’établissement public, aux relations depuis toujours houleuses avec le Festival, a tout à perdre à s’allier avec une direction très violemment rejetée par un nombre stupéfiant d’autrices, d’auteurs et d’éditeurs.
Mobilisation renforcée
L’association, qui promet un événement «plus sûr et plus inclusif», espère que «les auteurs et leurs éditeurs considéreront que leur voix a été entendue dans une telle réorganisation», ajoute le communiqué avec un sens de la formule complètement lunaire, en décalage total avec ce qui vient de se jouer depuis janvier.
Des milliers d’auteurs ont signé et resigné des pétitions promettant un boycott de l’édition 2026 si 9Art+ devait être prolongé. Plusieurs éditeurs emblématiques (l’Association, çà et là) avaient annoncé qu’ils ne se rendraient pas à Angoulême avant même que la décision ne soit annoncée. Le choix fait par l’association devrait conduire à un mouvement de mobilisation renforcé, la plupart des éditeurs indépendants semblant s’aligner sur le boycott, tandis qu’on voit mal à quoi pourront ressembler les stands des gros éditeurs (aux structures plus lourdes, qui les ont contraintes à réserver hôtels et stands depuis le début de l’été) sans les auteurs qui font venir le public.




