C’est l’heure de son discours et elle fait des allers-retours nerveux à la Maison des métallos (Paris XIe), un journal froissé et quelques notes à la main. Lucie Servin a la voix qui tremblote, juchée sur l’escalier central, sa langue fourche parfois, son téléphone sonne au milieu d’une phrase, elle l’éteint laborieusement, s’excuse d’être une «mauvaise élève». Mais le respect qu’impose la journaliste de l’Humanité est immense : si cette foule de bédéphiles est là, samedi 31 janvier, au lieu d’arpenter les allées du festival d’Angoulême à l’affût d’une dédicace ou de la prochaine énormité de Rachida Dati, c’est en grande partie grâce à elle.
Même si, à propos de son enquête publiée en janvier 2025 sur une affaire de viol présumé au sein du festival, Lucie Servin estime que «cette histoire a embrasé la colère, mais c’est une étincelle sur un feu qui couvait depuis des années», le résultat est là : la colère s’est propagée à toute une profession, jusqu’à provoquer




