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Libé tout en BD

Pas de Festival d’Angoulême ? Pourquoi «Libération» maintient un numéro spécial bande dessinée

Le 30 janvier, malgré l’annulation de l’événement, «Libé» reste aux côtés des dessinatrices et dessinateurs et publie son traditionnel numéro tout en BD.

Les unes des «Libés tout en BD» depuis 1997. (Libération)
ParMichel Becquembois
Marius Chapuis
Nicolas Valoteau
Publié le 28/01/2026 à 13h04

Libé, journal graphique qui a toujours fait grand cas de sa maquette et de son travail d’édition iconographique, entretient des liens avec le dessin et la bande dessinée depuis toujours. La chose semble à ce point naturelle que personne ne semble en mesure de dater ses origines. Quelques étapes clés restent en mémoire : le numéro spécial de mars 1978 où l’actualité du mois était passée au lance-flamme graphique du collectif Bazooka, ou l’édition du 5 mars 1983 dans laquelle, pour la mort d’Hergé, Libé remplace toutes ses photos d’actualité par des cases du créateur de Tintin. Un acte fondateur dont découleront, quelques années plus tard, les numéros spéciaux «tout en BD», où l’iconographie est assurée par des dessinateurs.

Aux côtés de la création

L’idée a germé fin 1996 pour traiter de manière originale la 23e édition du Festival d’Angoulême. Aucune photo, nulle part : tout le graphisme du journal du jour serait dessiné. C’était inédit et un peu fou. Ce devait être une expérience, c’est devenu une tradition. S’il était publié chaque année pour l’ouverture du Festival et si, pendant quelques années, sa une a été confiée au Grand Prix de l’année précédente, le numéro n’a jamais été une édition spéciale qui lui aurait été consacrée. Il s’agit surtout de mettre en avant les autrices et les auteurs, leurs regards, et de proposer un décalage bienvenu et créatif sur l’actualité.

Alors quand l’organisation du Festival, rattrapée par ses démons (une affaire de viol, une dérive mercantile, une défiance généralisée des autrices et des auteurs…), a jeté l’éponge pour cette édition 2026 – une actualité que Libération, toujours au plus proche des artistes, a suivie avec précision –, pas question pour le journal de remiser également son numéro «tout en BD». D’autant que de nombreux événements sont maintenus, dans le cadre d’un «Grand Off» jusqu’à dimanche à Angoulême, et que des «Fêtes interconnectées de la bande dessinée» se tiennent ce week-end dans onze villes de France.

C’est aux côtés de la création que se tient le journal, espérant qu’émerge l’an prochain une manifestation dans laquelle chacun·e se reconnaisse. Dès lors, cette année comme chaque année depuis 1997, nous leur ouvrons nos pages pour notre traditionnel «Libé tout en BD», en kiosque le vendredi 30 janvier.

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