A quelques pas de chez Michael DeForge, le long de la rue Bathurst qui constitue le principal axe nord-sud de Toronto, un raton laveur arpente le trottoir d’un air bizarre, le dos rond. Nous sommes en plein après-midi, mi-septembre, et bien que la ville grouille jour et surtout nuit d’une quantité invraisemblable de bestioles sauvages – proximité de parcs immenses, du lac Ontario –, celle-ci est anormalement peu farouche. En suivant ce quadrupède un peu dérangé, on prend conscience de la ville autrement : les dimensions prodigieuses et les obstacles, l’hostilité mais aussi les petites issues cachées. Dans Par-delà la vallée de Richard (2019), Michael DeForge appréhende sa ville à cette échelle-là, celle d’une bande d’animaux (écureuil, raton laveur, araignée, chien) dont le monde se résume aux limites d’un petit coin de parc, et qui s’en retrouve chassée pour avoir désobéi à l’une des règles cruciales du gourou Richard : ne jamais boire d’eau qui n’ait préalablement été détoxifiée. Le prolifique auteur traduit en français depuis 2014 aux éditions Atrabile a beau avoir la trempe de Chris Ware et d’autres grands
Entretien
Rencontre avec le bédéiste Michael DeForge : home spleen home
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Rare rencontre avec le grand dessinateur de Toronto, très engagé à gauche, qui s’amuse à déjouer la réalité pour nous faire entrer dans ses mini-mondes mélancoliques.
Michael DeForge chez lui, à Toronto. (Chloë Ellingson/Libération)
ParMarie Klock
Publié le 10/01/2025 à 15h36
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