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Chez Gabriella Zalapì, une fugue en mode majeur

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Dans «Ilaria ou la conquête de la désobéissance», un père quitté par la mère enlève sa fille de 8 ans pour une longue errance à travers l’Italie.

Gabriella Zalapì. (Roman Lusser)
Publié le 07/09/2024 à 8h31

Le premier mot qui vient à l’esprit quand on pense à l’écriture de Gabriella Zalapì, c’est la délicatesse. Mais une délicatesse violente si l’on peut oser cet oxymore. Cette autrice d’origines anglaise, suisse et italienne a le talent de nous embarquer dans des histoires personnelles et universelles où s’entremêlent douceur et brutalité de l’enfance, difficulté des filles et femmes à trouver leur place dans un monde où les hommes s’imposent et s’étalent, le tout avec des mots qui glissent et résonnent avec la même clarté, la même grâce que le chant d’une rivière s’écoulant entre les pierres au cœur de la montagne.

C’est son histoire et celle de ses ancêtres que Gabriella Zalapì décortique sans fin et on ne s’en lasse pas. Elle parvient chaque fois à nous surprendre en mettant un coup de projecteur sur un épisode du passé. Ilaria, c’est elle, à 8 ans, enlevée par son père que sa mère a quitté et que la rage a rendu fou. Un jour de mai 1980, il vient la chercher à la sortie de l’école et l‘embarque dans sa BMW bleu marine, modèle 320 coupé, pour une longue errance à travers l’Italie. C’est écrit à la première personne du singulier, à hauteur d’enfant, une enfant qui perçoit le trouble, la colère, la solitude, la souffrance, l’incompréhension mais qui peine à mettre tous ces sentiments bout à bout, la vi

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