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Tensions

A Cannes, une projection sur Gaza annulée après des critiques du maire, David Lisnard

Le diffusion du documentaire de Sepideh Farsi, «Put Your Soul on Your Hand and Walk», prévue ce jeudi 13 novembre au cinéma L’Olympia, sera reportée à une date ultérieure. La municipalité regrettant que la date coïncide avec la commémoration des attentats de 2015.

Le film-documentaire de la cinéaste Sepideh Farsi devait à nouveau être projeté à Cannes ce jeudi 13 novembre. (Neilson Barnard/Getty Images. AFP)
Publié le 12/11/2025 à 19h15

C‘était à Cannes lors du Festival 2025 que Put Your Soul on Your Hand and Walk avait été montré – et acclamé – pour la première fois. Ce film-documentaire de la cinéaste Sepideh Farsi qui montre Gaza déchirée par les bombardements et la famine à travers le récit de la photojournaliste Fatima Hassouna (tuée le 16 avril 2025 avec dix membres de sa famille par un bombardement israélien), devait à nouveau être projeté dans la ville ce jeudi 13 novembre. Seulement, l’événement organisé en partenariat avec Amnesty France, Attac et Mouvement de la paix coïncidait avec la commémoration des dix ans des attentats de 2015, au grand dam de la municipalité.

Le cabinet du maire LR de Cannes David Lisnard a contacté le cinéma L’Olympia où était prévu l’évènement pour lui faire part de son désarroi. Suite à quoi le directeur de l’établissement, Cédric Perez, a décidé de déplacer la projection à une date ultérieure, ainsi que l’a annoncé Nice Matin ce mercredi 12 novembre.

Le choix de cette date «suscite un trouble évident, cette journée devant être consacrée au recueillement national en mémoire des victimes du terrorisme islamiste» justifie le cabinet du maire. Par ailleurs, «certaines positions publiques de la réalisatrice, demandant notamment la libération de personnalités affiliées à des organisations connues pour avoir commis des actes terroristes, interpellent d’autant plus quant au choix de cette date» et tout particulièrement «Marwan Barghouti», homme politique palestinien prisonnier dans les geôles israéliennes depuis plus de vingt ans.

Censure et pressions

La mairie, contactée par Libération, assure par ailleurs qu’il n’y a pas eu de «demande explicite» d’annuler la projection prévue le 13 novembre. Le directeur du cinéma L’Olympe, Cédric Perez, abonde en ce sens, dit n’avoir subi «aucune pression». «Mais comme on a eu peu de réservations, on a pris la décision d’annuler», précise-t-il.

«Le maire évoque le 13 novembre comme date d’anniversaire et assimile ce terrible événement au combat d’une jeune femme assassinée par l’armée israélienne. C’est scandaleux», déplore Anne Savinel-Barras, la directrice d’Amnesty France, l’un des partenaires de l’événement. «Nous sommes inquiets car nous assistons régulièrement à des annulations similaires autour d’événements consacrés au peuple palestinien et cela nous alerte beaucoup.»

Sur les réseaux sociaux, le Parti communiste cannois accuse la mairie de «reprendre les éléments de langage du gouvernement de Netanyahou et de ses ministres d’extrême droite, pour justifier ce qu’il faut bien appeler une volonté de censure politique». Celui-ci accuse David Lisnard d’avoir fait «pression» pour que le film soit annulé et se désole de l’«image désastreuse […] donnée à la liberté de création et d’expression par le maire de la ville qui accueille le plus grand festival international du cinéma !».

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