Ah, revoilà la «trilogite», cette maladie consistant à faire apparaître comme par magie des trilogies dont il n’avait jamais été mention au moment de leurs deux premiers «épisodes» : sa dernière victime s’appelle Stefano Sollima, dont le nouveau film, Adagio, viendrait supposément clore une «trilogie romaine» entamée par deux longs qui n’ont pourtant en commun avec lui qu’une ville, un acteur (Pierfrancesco Favino) et un genre, le poliziottesco. Sollima en est au sens strict un enfant puisque son père Sergio en fut une figure tutélaire (la Cité de la violence, 1970). Lui a commencé à se faire un prénom avec la série Romanzo Criminale, avant d’entamer une œuvre de cinéaste polar burné (A.C.A.B., Suburra, les deux premiers volumes de la «trilogie»), convertie par un bref passage en division hollywoodienne (avec résultat honorable, notamment sa suite de Sicario), pour finalement retrouver la Botte sur cet Adagio venu souffler sur les braises mourantes du polar italien, sa mythologie de flics ripoux, de politiciens véreux, de barons du crime et de petites frappes éphébiques.
De l’infinité de trames qu’aurait pu donner l’exercice combinatoire appliqué à cette poignée d’archétypes du genre, on aura un affrontement entre bandits fatigués et carabinieri corrompus, les premiers tâchant d’arracher aux griffes des seconds un jeune vaurien pris dans les rets d’une machination visant à faire tomber un ministre aux mœurs légères. Une poursui




