«Spoiler» et «ghoster» sont entrés ce jour dans le Petit Robert. Pas «canceler». Ce mot-là, «cancel culture», il fallut, pour le rencontrer, lire la lettre ouverte adressée à Télérama par Adèle Haenel en réponse à l’enquête de l’hebdomadaire sur le thème «qu’est-elle devenue ?», question sérieuse depuis des mois. Après la lecture d’une telle lettre, sobre et simple, impersonnelle par choix, proche du tract et du pamphlet, mais rédigée sans point d’exclamation, il y a deux réactions à avoir, pas contradictoires si on s’efforce un peu. D’abord, déplorer au nom du cinéma qu’elle renonce à y travailler. Saluer ensuite l’acte politique. Adèle Haenel, à peine le temps pour certains de dire «ouf», est déjà partie. «De la cancel culture au sens premier : vous avez l’argent, la force et toute la gloire, vous vous en gargarisez, mais vous ne m’aurez pas comme spectatrice.» On pense que c’est la comédienne qui arrête, elle, elle dit la spectatrice. Comme le dictionnaire parle de «simple citoyen», Haenel met les points sur les «i» de ce à quoi, en simple spectateur, on se prête. Elle résume encore à sa manière : «J’ai décidé de politiser mon arrêt du cinéma.»
Billet
Adèle Haenel, la force de l’exil
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En faisant de son retrait de l’industrie un «acte politique» dans une lettre publiée par «Télérama», la comédienne l’affirme : puisque le monde du cinéma ne change pas, il ne lui reste plus qu’à changer le monde.
Adèle Haenel pendant une manifestation contre les violences faites aux femmes en novembre. ( Serge Tenani/Hans Lucas. AFP)
Publié le 09/05/2023 à 20h28
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