On prophétisait hier la pluie de grenouilles, on a eu de la pluie tout court : l’averse s’est abattue sur Cannes et d’un coup on court, on patauge, mais on y voit plus clair aussi, pour peu qu’on soit équipés du matériel adéquat – comme disent les Allemands, «il n’y a pas de mauvais temps, juste de mauvais vêtements». La pluie et le ciel voilé, ça permet aussi aux couleurs de mieux ressortir, comme le vert des fausses treilles de vignes dans les restaurants du Suquet, le rouge des tapis du Palais des festivals ou le blond aveuglant des cheveux d’Akinola Davies Jr, 30 ans, premier réalisateur nigérian sélectionné à Cannes. Déjà, c’est historique et pour ne rien gâcher, le film, My Father’s Shadow, est épatant, périple à Lagos, capitale du Nigeria, d’un père et de ses deux jeunes fils en 1993, sur fond de secousses politiques majeures.
Une sorte d’autobiographie




