«Le silence, il est grand, il est beau, on peut en profiter mais je pense que Mariam est plus dans le silence que moi.» C’est par cette phrase qu’Amadou introduit le documentaire. A ses côtés, Mariam ne manque pas d’esquisser un sourire, rappelant que si la nuit l’inspire, lui c’est plutôt l’aube. «Quand je compose mes chansons, je demande à Amadou de venir m’accompagner avec sa guitare.» C’est ainsi qu’ils ont écrit leur histoire, un demi-siècle que ces quelque quatre-vingt-dix minutes aux contours forcément hagiographiques se donnent l’ambition de parcourir au gré d’une narration pas tout à fait chronologique. De nombreuses images d’archives, captations en concert et scènes de la vie quotidienne à toutes les époques, de témoignages de ceux qui les ont accompagnés depuis leurs débuts au milieu des années 1970 comme de ceux qui ont partagé un bout du chemin, les sources ne manquent pas pour les raconter.
Tout a commencé à l’Institut des jeunes aveugles de Bamako. A l’époque, Amadou Bagayoko a une vingtaine d’années et déjà une renommée au sein de la communauté des musiciens. De quatre ans sa cadette, Mariam, elle, a commencé à chanter depuis toute petite, se distinguant dans les fêtes familiales. Leur rencontre fera tilt, et main dans la main, ils chemineront jusqu’au sommet des charts. Je pense à toi mon amour ma chérie va devenir le refrain qui qualifie ceux que l’on nomme «le couple aveugle du Mali». Une épopée hors du commun qui commence à deux




