A chaque fin de phrase, Anita Rocha da Silveira expulse un rire saccadé et puissant, à faire grésiller tous les sonotones de la Croisette. Ceux que ça incommode n’ont qu’à aller plus loin. «Nous, les femmes, devons nous contrôler intégralement pour paraître en société. Notre manière de nous tenir, de nous habiller, jusqu’à la perte de notre virginité. Si on parle trop fort, on est hystérique. En portugais, c’est très commun comme expression pour qualifier les femmes, on passe notre temps à entendre : “Tu es folle !”» D’où la charge ultra-acide de son Medusa, qui nous rappelle les pouvoirs salutaires d’un bon hurlement. Une relecture pop du mythe de la Gorgone dans le Brésil d’aujourd’hui, où un gang de saintes nitouches intoxiquées au conservatisme religieux tabasse les pécheresses à la nuit tombée. Une somme de faits divers survenus en 2016 a servi d’inspiration : «Il était toujours question de corriger la fille débauchée, celle qui montre trop de décolletés sur les réseaux sociaux, récolte un nombre de likes suspects. Et de la rendre laide, lui couper les cheveux, lui marquer le visage.» Qui est cette femme électrique possédée par Dario Argento (déjà repérée en 2017 avec le sanglant Mate-me por favor), ayant senti
Portrait
Anita Rocha da Silveira, haute en colère
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Entre happenings anti- Bolsonaro sur le tapis rouge et éloge des cris, rencontre avec la réalisatrice du féministe et salutaire «Medusa».
La réalisatrice Anita Rocha da Silveira à Cannes, le 13 juillet. (Lucile Boiron/Libération)
Publié le 15/07/2021 à 18h16
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