La nostalgie joue-t-elle contre le temps présent ? La dissonance fonctionne en tout cas dans le nouveau long métrage de Richard Linklater, dont les procédés technologiques qui l’animent devant nos yeux – la rotoscopie, technique d’animation qui consiste à redessiner image par image des séquences filmées – et le fait qu’on le découvre en exclusivité sur Netflix modulent d’une troublante manière son propos : un cinéaste en flagrant délit proustien, qui s’inspire de sa propre enfance pour nous proposer son propre American Graffiti. De fait, Apollo 10 ½ assume absolument cette merveilleuse dualité. Nostalgique, il l’est sans fard, déroulant une version légèrement variante de la propre enfance de Linklater dans les banlieues flambant neuves de Houston à la fin des sixties, loin de la révolution sociale en cours, alors que la Nasa, où travaille humblement le père de Steve, le protagoniste, s’apprête à envoyer pour la première fois des hommes sur la Lune. Tout y passe dans les impressions, bouffe, couleurs, chaleurs, jeux avec la fratrie (conséquente) ou les amis du voisinage, virées au cinéma ou à la piscine du coin, musique, en toute complaisance impressionniste, grandement aidée par la beauté hachée (animation)
Netflix
«Apollo 10 ½», un enfant toujours dans la lune
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Le nouveau film de Richard Linklater, disponible sur Netflix, revisite les sixties à travers le regard d’un gamin s’imaginant un destin cosmique.
«Apollo 10 1/2» fait appel à la rotoscopie, une technique d’animation qui consiste à redessiner image par image des séquences filmées. (Netflix)
ParOlivier Lamm
Publié le 06/04/2022 à 17h14
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