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Critique

«Atarrabi et Mikelats» : Eugène Green colle aux Basques

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Le cinéaste insère la langue et la culture qui le fascinent dans un conte mythologique, voguant sur les traces de deux frères entre les âges et les mondes.

Les deux frères élevés par le diable prennent des chemins opposés une fois adultes. (Ufo Distribution)
Publié le 01/09/2021 à 10h00

Atarrabi et Mikelats, adaptation libre d’un mythe basque, témoigne de la passion pérenne d’Eugène Green pour cette langue et cette culture minoritaires du sud-ouest de l’Europe, à cheval entre France et Espagne. Après le beau documentaire Faire la parole, dans lequel le cinéaste suivait quatre jeunes gens dans leur défense du euskara batua, la langue basque parlée aujourd’hui, le voilà qui s’enfonce plus profondément dans l’histoire : le documentaire cède la place à la fiction, et les variations sur le présent de la langue se muent en archéologie mythologique, renouant avec la simplicité souveraine du Monde vivant (2003), son deuxième long métrage. Le mythe ici filmé a la sobriété de trait d’un conte pour enfants, soit l’histoire de Mari, déesse omnipotente du vivant, qui confie ses deux garçons, Atarrabi et Mikelats, au diable (incarné par le musicien de Faire la parole, Thierry Biscary, qui compose quelques très beaux morceaux) pour qu’il prenne en charge leur éducation. L’un s’en trouve fort aise tandis que l’autre, Atarrabi, devenu grand, cherche à se libérer de l’emprise diabolique pour accéder

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