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Interview

Bi Gan : «Avec “Résurrection”, on déclenche une machinerie pour viser un sentiment très pur»

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Le cinéaste chinois signe un retour virtuose avec son troisième long métrage, Prix spécial à Cannes, foisonnante dystopie tissée de songes cinéphiles. Rencontré à Paris, il revient sur la mise en œuvre d’un projet fou.

Bi Gan, 36 ans aujourd’hui, 10 de plus qu’à l’heure où il émergeait comme jeune prodige du cinéma chinois avec «Kaili Blues». (Les Films du Losange)
Publié le 09/12/2025 à 16h17

Le sérieux de clerc et les lunettes rondes n’ont pas bougé chez Bi Gan, 36 ans aujourd’hui, dix de plus qu’à l’heure où il émergeait comme jeune prodige du cinéma chinois avec Kaili Blues. Avec Resurrection, conte dystopique enchâssant les époques dans l’imagination d’un rêveur fou, autant que traversée grandiose de l’histoire du cinéma, il porte ses ambitions de formaliste surdoué à de nouveaux sommets. Cerné par d’épaisses odeurs de chocolat chaud quand Libération le rencontre un matin de novembre dans un hôtel parisien, il consent à en révéler quelques secrets de fabrication.

Il paraît que depuis la projection à Cannes, où le film sortait à peine du four, vous avez rajouté quatre minutes au montage…

(Rires) Vous êtes bien renseignés ! Je crois que la version projetée à Cannes a permis aux gens de percevoir une certaine beauté du film, avec une complexité de références et d’éléments qui nécessitait un temps de… digestion. Aprè

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