Début novembre, à la Cinémathèque française, une masterclass de Sigourney Weaver à la suite de la projection d’Alien de Ridley Scott avait tourné à la psychose collective avec plusieurs signalements de spectateurs piqués par des punaises de lit, certains d’entre eux assurant les voir courir sur les fauteuils. L’établissement du XIIe arrondissement de Paris avait alors annoncé des mesures sanitaires renforcées. Cela n’a pas suffi, les signalements de piqûres ont continué et la Cinémathèque se voit donc contrainte de fermer ses quatre salles de projection pendant tout décembre, avec une réouverture annoncée pour le 2 janvier 2026 : «Cette fermeture temporaire nous permettra de mener un traitement complet et durable. L’ensemble des fauteuils sera démonté puis traité individuellement à la vapeur sèche à 180°C, à plusieurs reprises, avant de faire l’objet de contrôles canins systématiques validant chaque étape. Les moquettes bénéficieront du même niveau d’attention et de traitement.» L’exposition Orson Welles reste, elle, ouverte au public, ainsi que «le musée Méliès, la bibliothèque, les espaces éducatifs, la librairie et le restaurant». Sont annulés la rétrospective Welles en cours et prévue jusqu’à début janvier, le panorama du cinéma indonésien, les rétrospectives Mario Martone, José Luis Guerín ou le best-of des films restaurés.
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Les punaises de lit sont des parasites hématophages qui se nourrissent du sang humain (leur repas dure de cinq à vingt minutes). Elles détestent la lumière et sont surtout actives la nuit. Elles ne transmettent pas de maladie mais en ramener chez soi peut vite tourner au film d’horreur si le problème n’est pas identifié suffisamment tôt pour ne pas devoir brûler l’intégralité de ses vêtements et meubles en faisant des invocations à Satan.
La Cinémathèque mène un combat sanitaire depuis 2021 contre ces bestioles : désinfection hebdomadaire, détection canine trimestrielle et traitement par vapeur sèche à 180 degrés. Néanmoins, il suffit de quelques punaises rescapées et habilement dissimulées pendant les traitements pour que se reconstituent des colonies prêtes à réinvestir les lieux, perpétuellement plongés dans le noir et bénéficiant d’une température tout à fait adaptée à leur style de vie, voire leur prédilection esthétique pour du cinéma d’auteur partiellement en noir et blanc.




