Née à Kuala Lumpur, Amanda Nell Eu a consommé plus que de raison des tonnes de film d’horreur qui l’ont aidé à traverser une adolescence compliquée où, se transformant physiquement, elle s’aimait peu et avait, dit-elle, le sentiment de devenir un monstre. Tiger Stripes est précisément l’évocation de la puberté rebelle de Zaffan qui, plus dessalée que ses amies, les provoque, les incite à faire des conneries dans un environnement où les filles, toutes voilées, sont incitées à garder le sens de la mesure et de l’effort obéissant. Zaffan devient peu à peu souffre-douleur de la communauté lycéenne et villageoise et son corps est marbré de rouge, son souffle s’enfonce dans les graves d’un grognement animal, de même que son odeur corporelle repousse ses camarades. Coproduction très globale (argent malais, taïwanais, français, allemand, qatari, indonésien, hollandais !), le film est une promesse non tenue par le peu de crédit que l’on porte à la métamorphose et aux mystères qui l’accompagnent. Trop de références, pas assez d’idées de mise en scène et du coup zéro trouble.
Coup de mou
Cannes 2023 : «Tiger Stripes» court contre le monstre
Coproduction très internationale, le film de genre d’Amanda Nell Eu explore sans parvenir à troubler la puberté rebelle d’une ado qui se transforme.
Dans un environnement où les filles, toutes voilées, sont incitées à garder le sens de la mesure et de l’effort obéissant, Zaffan les provoque. (JOUR2FÊTE)
ParDidier Péron
Publié le 17/05/2023 à 18h55
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