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Cannes 2024 : «les Linceuls» de David Cronenberg, rôle décomposition

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Le cinéaste canadien pousse un peu loin sa veine abstraite avec un film au ton absurde sur le deuil, les images et la technologie où tout finit par partir en vrille.

Les gisants dans leurs tombes high-tech, enveloppés d’un vêtement-suaire tissé d’une technologie de pointe, qui renvoie, sur l’écran incrusté dans la stèle, la vidéo en temps réel de leur décomposition. (Pyramide Distribution)
Publié le 21/05/2024 à 0h01

Les Linceuls est bien un film sur la mort, donc un film sur le cinéma – il explore littéralement le rapport entre l’image et la mort, ou plutôt la morte, David Cronenberg n’étant pas un homme de métaphores. Le cinéaste dit l’avoir écrit après la perte de sa femme, Carolyn Zeifman (1950-2017). Le cadavre de Becca (Diane Kruger), gisant dans sa tombe high-tech, y est enveloppé d’un vêtement-suaire tissé d’une technologie de pointe, qui renvoie, sur l’écran incrusté dans la stèle, la vidéo en temps réel de sa décomposition. C’est l’invention et le business de son mari, Karsh (Vincent Cassel), qui, inconsolé de son décès, s’accroche à son existence post-mortem.

Le jour où le cimetière-vidéodrome de Karsh est profané et vandalisé, le film part en vrille comme tout le monde – y compris la jumelle complotiste de Becca et une IA à forme blonde, elles aussi jouées par Kruger – et toutes les hypothèses d’explication sont bonnes (on ne sait pas bien laquelle l’emporte, y compris à la fin du film). Cronenberg poursuit la veine abstraite de ses récents Crimes du futur, rejouant dans un espace à l’air raréfié son obsession figurative pour le lien, nommé technologie, entre le corps et la pensée, mais en l’embaumant d’un ton absurde, quasi fripon (l’observation et l’invention permanent

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