Trop occupé à battre des records de piano solo – un peu plus de vingt-sept heures de show, homologué par le Guinness Book – ou à enregistrer des disques instrumentaux de haute volée, Chilly Gonzales avait mis en sourdine le rap grande gueule de ses débuts. Il retrouve sa voix sur French Kiss, album qui roule des pelles avec la langue de Molière et agite dans tous les sens les planètes contraires d’une culture française vue comme un grand cosmos sous sativa, où Yves Montand, Thomas Bangalter, Voltaire, Notre-Dame en flammes, Erik Satie, Astérix & Obélix et Aznavour en gangsta copulent joyeusement en mode gonzo. Le fanfaron canadien, désormais quinqua et résident parisien, aligne les punchlines («Gilbert Montagné, c’est mon Kanye», qui dit mieux ?) mais soigne toujours autant l’habillage, rompu à l’exercice des chocs thermiques entre le sublime et la grosse frime. Il parle beaucoup, plus qu’il ne rappe, mais quand il la boucle c’est aussi pour déployer des merveilles en robe et musique de chambre, comme une relecture entêtante du Cut Dick de Mr. Oizo ou l’ensorcelant Lac du cerf avec l’experte ondiste Christine Ott. Son egotrip jouissif, troussé en à peine six mois en compagnie d’
Interview
Chilly Gonzales : «Les chanteurs sont comme ça, ils sont tous radins et veulent baiser tout le monde»
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Le pianiste canadien sort «French Kiss», un album rappé, mais surtout parlé, après une décennie instrumentale. Un retour salutaire et bien entouré pour l’artiste quinquagénaire, qui déclame son amour à la musique française, d’Aznavour à Daft Punk.
Chilly Gonzales chez lui à Paris en mai 2022. (Alexandre Isard)
Publié le 28/09/2023 à 17h38
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