«Tu as de nouveaux yeux, pourquoi ne pas les utiliser pour voir autrement ?» demande Jake Sully, humain rené en alien de la nation Na’vi après l’avoir rejointe comme combattant. Il s’adresse au colonel Quaritch, également ressuscité en géant à la peau azur mais qui lui n’a rien perdu de son hostilité envers les habitants, la culture et la nature de Pandora, planète colonisée par les Terriens après avoir achevé de rendre inhabitable notre monde. L’exhortation nous est également adressée à nous, spectateurs, qui depuis le premier Avatar (2009) et sa déclaration d’intention finale (un œil s’ouvrant vers demain), avons appris à ausculter autrement le cinéma. Passé un rêve en préambule, Avatar, de feu et de cendres fait s’activer l’œil comme jamais. En quête de réalité, comme il se doit depuis que nous avons entrepris de la reproduire, ou plutôt d’en produire ex nihilo des artefacts comme autant de dimensions parallèles, d’avatars au service de notre imaginaire.
Notre critique de 2022
On pense d’ailleurs volontiers, devant ce nouvel Avatar à la fois si présomptueux et hésitant de ses prouesses, à la peinture de la Haute Renaissance ou de l’ère néoclassique, pour cette tension à laquelle elle peut nous soumettre selon les maîtres et les toiles, l’œil oscillant entre l’émerveillement et la déception au gré des détails le trompant absolument, suscitant le sentiment




