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Dans «Jay Kelly» avec George Clooney, Noah Baumbach aiguise ses seconds couteaux

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Réflexion sur le cinéma et le vieillissement, le nouveau film du cinéaste, diffusé sur Netflix, montre la fuite d’un acteur charmeur en crise, et fait la part belle aux figures subalternes.

George Clooney et Adam Sandler dans «Jay Kelly». (Peter Mountain/Netflix/Peter Mountain/Netflix)
Publié le 04/12/2025 à 15h47

Il est casse-gueule et toutefois plus confortable, en temps de crise personnelle, de panne créatrice, après avoir essuyé un échec (en l’espèce : White Noise, flop magnifique), de faire un film réflexif sur le cinéma. N’importe qui risque ce faisant de donner dans l’histrionisme et le narcissisme, avec l’insincérité flatteuse pour résultat : par exemple la Nuit américaine et Huit et demi ont beau être considérés comme des must-see, ce sont à nos yeux deux exercices de style un peu vains, complaisants, fallacieux. On ne voit que Minnelli à avoir atteint une inspiration authentique, dramatique, via le dispositif du «film-cinéma», avec les Ensorcelés en 1952, puis Quinze Jours ailleurs en 1962 – œuvre tourmentée à la splendeur fragile de Hollywood sur le tard. Noah Baumbach, c’est heureux, se rapproche de celui-ci dans Jay Kelly : en filmant des gens de cinéma marqués, ridés, blanchis, cessant de jouer le jeu, en crise, prenant la poudre d’escampette loin (croient-ils) du miroir aux alouettes et du spectre de la mort du cinéma.

Périple échevelé

Le film suit l’échappée de l’acteur-titre qu’interprète George Clooney avec la mollesse souriante de l’éternel bel homme Nescafé, star sur le reto

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