Il est casse-gueule et toutefois plus confortable, en temps de crise personnelle, de panne créatrice, après avoir essuyé un échec (en l’espèce : White Noise, flop magnifique), de faire un film réflexif sur le cinéma. N’importe qui risque ce faisant de donner dans l’histrionisme et le narcissisme, avec l’insincérité flatteuse pour résultat : par exemple la Nuit américaine et Huit et demi ont beau être considérés comme des must-see, ce sont à nos yeux deux exercices de style un peu vains, complaisants, fallacieux. On ne voit que Minnelli à avoir atteint une inspiration authentique, dramatique, via le dispositif du «film-cinéma», avec les Ensorcelés en 1952, puis Quinze Jours ailleurs en 1962 – œuvre tourmentée à la splendeur fragile de Hollywood sur le tard. Noah Baumbach, c’est heureux, se rapproche de celui-ci dans Jay Kelly : en filmant des gens de cinéma marqués, ridés, blanchis, cessant de jouer le jeu, en crise, prenant la poudre d’escampette loin (croient-ils) du miroir aux alouettes et du spectre de la mort du cinéma.
Périple échevelé
Le film suit l’échappée de l’acteur-titre qu’interprète George Clooney avec la mollesse souriante de l’éternel bel homme Nescafé, star sur le reto




