L’annonce il y a deux ans de la mise en production d’Ella McCay avait été vécue par la cinéphilie, notamment en France où survit encore plus qu’outre-Atlantique une tenace poche d’adorateurs brooksiens, comme une nouvelle miraculeuse. On avait cessé d’espérer voir l’auteur de Tendres Passions et Broadcast News revenir à la réalisation vu son âge (85 ans) et le bide de ses deux derniers films (Spanglish et Comment savoir). Pas le retour du prophète, mais tout de même pas loin : celui d’une certaine lumière, à l’image et dans les cœurs, d’un humanisme forcené, d’un éclat à la limite de l’excès publicitaire, d’un mélange singulier de guimauve et de piment, que ce dieu du mélodrame comique sut toujours distiller dans ses réalisations personnelles et dans ses productions qui portent toutes sa marque d’auteur – les films de Cameron Crowe (Jerry Maguire), Penny Marshall (Big), Kelly Fremon Craig (The Edge of Seventeen).
Un retour qui n’aura donc pas lieu, du fait du démarrage américain d’Ella McCay titrant à 2 millions de dollars sur 2 500 écrans, et de la décision par son studio Disney d’annuler sans commen




