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«El Profesor», chaire à canon à Buenos Aires

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Dans une comédie douce-amère réussie quoique manquant parfois de relief, Maria Alché et Benjamin Naishtat brossent avec humour les ravages du néolibéralisme dans le microcosme universitaire argentin.

El Profesor Un film de Benjamin Naishtat et Maria Alché (Vale Fiorini/Condor)
Publié le 03/07/2024 à 4h30

Un adage bien connu dans le monde académique anglo-saxon, énoncé jadis par le politologue Wallace Stanley Sayre, voudrait que «les guerres y sont rudes car les enjeux y sont minuscules». El Profesor, comédie douce-amère ayant connu son petit succès à l’automne en Argentine, dit à peu près le contraire : il dépeint une bataille à fleurets mouchetés agitant la chaire de philosophie de l’université publique de Buenos Aires, mais fait de l’issue un enjeu existentiel. Coréalisé par la comédienne et cinéaste María Alché et son compagnon à la ville, le cinéaste Benjamín Naishtat (Rojo), El Profesor a été écrit et tourné avant l’élection du président ultralibéral et d’extrême droite Javier Milei. Mais il dépeint un contexte politique et universitaire déjà tendu, sur fond de coupes budgétaires et suspensions de bourses.

Galerie de profs savamment brossés

On comprend dès lors qu’avec la mort soudaine du directeur de la chaire de philo lors d’un jogging, c’est une époque qui s’achève. Les cartes au sein

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