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Brigitte Bardot lors du tournage de «Vie privée», de Louis Malle, à Paris en 1961.Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«Le Trou normand» de Jean Boyer (1952). Bardot, 18 ans, fait sa première apparition au cinéma. Le film, écrit pour Bourvil, raconte une rocambolesque histoire d'héritage dans laquelle Bardot n'est qu'à peine plus qu'un faire-valoir de la star comique. Le film sera un succès populaire avec près de 4 millions d'entrées, loin cependant des 12 millions de spectateurs de «Don Camillo» avec Fernandel la même année.
Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«Et Dieu... créa la femme» de Roger Vadim (1956). Bizarrement, le film qui donne naissance au mythe BB fait un flop à sa sortie française. Il faut la ferveur anglaise, allemande et surtout l’embrasement américain où le naturel sexy de Bardot est immédiatement capté comme un éblouissement pour que le film bénéfice d’une nouvelle distribution et fasse sensation. Giancarlo Botti/Gamma Rapho
La scène culte du mambo dans «Et Dieu... créa la femme», tourné en partie à Saint-Tropez. Le film d’un mari amoureux (Roger Vadim a épousé Bardot en 1952) qui sera quitté par sa femme tombée, elle, amoureuse pendant le tournage de son partenaire et mari à l’écran, Jean-Louis Trintignant. Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«En cas de malheur» de Claude Autant-Lara (1958). Adapté d’un roman de Simenon, le film organise la rencontre entre la jeune Bardot et le monstre sacré Gabin. «C’est la plus belle gonzesse que j’aie jamais vue», aurait élégamment commenté Gabin. «Nous en sortons avec un mélange de dégoût et d’admiration, un sentiment de satisfaction qui est réel mais incomplet. C’est 100 % français, avec toutes les vertus et les vices que cela implique…» écrit à sa sortie le jeune François Truffaut. Le film fera plus de 3 millions d’entrées.Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«La Femme et le Pantin» de Julien Duvivier (1959). Bardot incarne Eva, une séductrice manipulatrice, dans cette adaptation du roman de Pierre Louÿs. Malmenée dans une scène tournée à la féria de Séville, excédée par une grimace qu'elle refuse de faire, c'est peu dire que Bardot ne garde pas un bon souvenir du tournage et de «Dudu», le metteur en scène qu'elle étrille dans ses mémoires.Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«La Vérité» d’Henri-Georges Clouzot (1960). «C’est la seule fois que j’ai été frappé en public. J’ai adoré», aurait raconté le metteur en scène alors considéré comme l’une des figures les plus tyranniques sur les plateaux. D’habitude, c’est lui qui gifle ses comédiens, là c’est elle qui lui en colle une après qu’il l'a secouée et lui a écrasé le pied. Film sérieux où elle est une jeune femme accusée de meurtre, Bardot trouve là l’occasion de démontrer qu’elle n’est pas qu’un corps désirable. Le film fera 6 millions d’entrées. Bardot y rencontre Sami Frey, qui deviendra son compagnon.Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«Vie privée» de Louis Malle (1962). Film méta s’il en est puisque devenue la proie des journaux à sensation, perpétuellement traquée par les paparazzis, phénomène analysé doctement par écrivains et intellectuels, Bardot joue ici une danseuse devenue star de cinéma. Le chemin de croix de la notoriété hors contrôle sous l’œil mélancolique de Malle. Bardot partage l'affiche avec Marcello Mastroianni.Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«Le Mépris» de Jean-Luc Godard (1963). Sans ce film majeur, la courte carrière de Bardot serait sans clef de voûte. Si le gourou Nouvelle Vague et la star n’avaient pas grande chose à se dire, cette forme d’indifférence réciproque ou d’incompréhension alimente l’énigme sublime du personnage de Camille, simple accompagnante de son mari écrivain (Michel Piccoli) sur le tournage d’un film d’après l’Odyssée d’Homère. La musicalité de la voix évasive de Bardot s’enroulant dans les volutes de la musique de Georges Delerue, rien n’est plus beau.Giancarlo Botti/Gamma Rapho
Sur le tournage du «Mépris». Godard, qui vient de rompre avec Anna Karina, affuble Bardot d'une perruque brune.Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«Viva Maria !» de Louis Malle (1965). La rencontre de Moreau, l’intello et de Bardot, la sensuelle. C’est d’un strict point de vue marketing de production ce que se sont raconté les organisateurs de ce casting censé faire des étincelles. En réalité, le tournage se passa sans heurts et ce néowestern («une comédie tropicale, avec des jolies dames», selon Malle) sera étrillé par la critique mais connaîtra un vrai succès public (3 450 000 spectateurs).Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«Les Pétroleuses» de Christian-Jaque (1971). Autre rencontre au sommet, avec Claudia Cardinale, toujours en mode western. Bardot y incarne une hors-la-loi qui se heurte à une bande rivale emmenée par Cardinale sur fond de gisement de pétrole, comme en témoigne cette scène de bagarre tout décolletés dehors. «Après BB, vient CC», aurait dit l'actrice française à propos de Claudia Cardinale.Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise» de Nina Companeez (1973). Avec son affiche dessinée d’une pâquerette plantée d’une main entre les fesses d’une jeune femme, le film de Nina Companeez associant l’horripilant Francis Huster et Bardot ne marquera les mémoires que pour être le dernier film de l’actrice. Attifée pour un rôle censé se passer au Moyen Age, elle trouve qu’elle a l’air «cruche», s’éprend d’une petite chèvre promise à la broche après le tournage. Bardot appelle son agent, achète la chèvre et stoppe définitivement sa carrière. Elle sera constamment relancée, les producteurs espérant toujours faire un coup en déclenchant un potentiel come-back. En vain.Giancarlo Botti/Gamma Rapho
Dans l'œil de Libé

EN IMAGES - Bardot en dix films : Et l’écran... créa BB

Bien qu’elle ait mis un terme précoce à sa carrière, Bardot endosse une filmographie relativement conséquente (plus de 45 films) même si très inégale entre les œuvres décisives et les opus anecdotiques. Pour qui n’aurait jamais vu de films avec BB, en voici une sélection pour mieux saisir le phénomène.
publié le 28 décembre 2025 à 13h21
Brigitte Bardot lors du tournage de «Vie privée», de Louis Malle, à Paris en 1961.
Giancarlo Botti/Gamma Rapho
«Le Trou normand» de Jean Boyer (1952). Bardot, 18 ans, fait sa première apparition au cinéma. Le film, écrit pour Bourvil, raconte une rocambolesque histoire d'héritage dans laquelle Bardot n'est qu'à peine plus qu'un faire-valoir de la star comique. Le film sera un succès populaire avec près de 4 millions d'entrées, loin cependant des 12 millions de spectateurs de «Don Camillo» avec Fernandel la même année.
CITE FILMS/Collection ChristopheL via AFP
«Et Dieu... créa la femme» de Roger Vadim (1956). Bizarrement, le film qui donne naissance au mythe BB fait un flop à sa sortie française. Il faut la ferveur anglaise, allemande et surtout l’embrasement américain où le naturel sexy de Bardot est immédiatement capté comme un éblouissement pour que le film bénéfice d’une nouvelle distribution et fasse sensation.
COCINOE/COLLECTION CHRISTOPHEL NZ
La scène culte du mambo dans «Et Dieu... créa la femme», tourné en partie à Saint-Tropez. Le film d’un mari amoureux (Roger Vadim a épousé Bardot en 1952) qui sera quitté par sa femme tombée, elle, amoureuse pendant le tournage de son partenaire et mari à l’écran, Jean-Louis Trintignant.
COCINOE/COLLECTION CHRISTOPHEL NZ
«En cas de malheur» de Claude Autant-Lara (1958). Adapté d’un roman de Simenon, le film organise la rencontre entre la jeune Bardot et le monstre sacré Gabin. «C’est la plus belle gonzesse que j’aie jamais vue», aurait élégamment commenté Gabin. «Nous en sortons avec un mélange de dégoût et d’admiration, un sentiment de satisfaction qui est réel mais incomplet. C’est 100 % français, avec toutes les vertus et les vices que cela implique…» écrit à sa sortie le jeune François Truffaut. Le film fera plus de 3 millions d’entrées.
COLLECTION CHRISTOPHEL
«La Femme et le Pantin» de Julien Duvivier (1959). Bardot incarne Eva, une séductrice manipulatrice, dans cette adaptation du roman de Pierre Louÿs. Malmenée dans une scène tournée à la féria de Séville, excédée par une grimace qu'elle refuse de faire, c'est peu dire que Bardot ne garde pas un bon souvenir du tournage et de «Dudu», le metteur en scène qu'elle étrille dans ses mémoires.
DEAR FILM PRODUZIONE / GRAY FILM/Collection ChristopheL via AFP
«La Vérité» d’Henri-Georges Clouzot (1960). «C’est la seule fois que j’ai été frappé en public. J’ai adoré», aurait raconté le metteur en scène alors considéré comme l’une des figures les plus tyranniques sur les plateaux. D’habitude, c’est lui qui gifle ses comédiens, là c’est elle qui lui en colle une après qu’il l'a secouée et lui a écrasé le pied. Film sérieux où elle est une jeune femme accusée de meurtre, Bardot trouve là l’occasion de démontrer qu’elle n’est pas qu’un corps désirable. Le film fera 6 millions d’entrées. Bardot y rencontre Sami Frey, qui deviendra son compagnon.
Everett Collection / Aurimages
«Vie privée» de Louis Malle (1962). Film méta s’il en est puisque devenue la proie des journaux à sensation, perpétuellement traquée par les paparazzis, phénomène analysé doctement par écrivains et intellectuels, Bardot joue ici une danseuse devenue star de cinéma. Le chemin de croix de la notoriété hors contrôle sous l’œil mélancolique de Malle. Bardot partage l'affiche avec Marcello Mastroianni.
Bridgeman Images
«Le Mépris» de Jean-Luc Godard (1963). Sans ce film majeur, la courte carrière de Bardot serait sans clef de voûte. Si le gourou Nouvelle Vague et la star n’avaient pas grande chose à se dire, cette forme d’indifférence réciproque ou d’incompréhension alimente l’énigme sublime du personnage de Camille, simple accompagnante de son mari écrivain (Michel Piccoli) sur le tournage d’un film d’après l’Odyssée d’Homère. La musicalité de la voix évasive de Bardot s’enroulant dans les volutes de la musique de Georges Delerue, rien n’est plus beau.
© Pat Morin/Bridgeman Images
Sur le tournage du «Mépris». Godard, qui vient de rompre avec Anna Karina, affuble Bardot d'une perruque brune.
Rome Paris Film / Films Concordi/Collection Christophel
«Viva Maria !» de Louis Malle (1965). La rencontre de Moreau, l’intello et de Bardot, la sensuelle. C’est d’un strict point de vue marketing de production ce que se sont raconté les organisateurs de ce casting censé faire des étincelles. En réalité, le tournage se passa sans heurts et ce néowestern («une comédie tropicale, avec des jolies dames», selon Malle) sera étrillé par la critique mais connaîtra un vrai succès public (3 450 000 spectateurs).
Giancarlo BOTTI
«Les Pétroleuses» de Christian-Jaque (1971). Autre rencontre au sommet, avec Claudia Cardinale, toujours en mode western. Bardot y incarne une hors-la-loi qui se heurte à une bande rivale emmenée par Cardinale sur fond de gisement de pétrole, comme en témoigne cette scène de bagarre tout décolletés dehors. «Après BB, vient CC», aurait dit l'actrice française à propos de Claudia Cardinale.
FGL Productions/Collection Christophel / RnB
«L’histoire très bonne et très joyeuse de Colinot Trousse-Chemise» de Nina Companeez (1973). Avec son affiche dessinée d’une pâquerette plantée d’une main entre les fesses d’une jeune femme, le film de Nina Companeez associant l’horripilant Francis Huster et Bardot ne marquera les mémoires que pour être le dernier film de l’actrice. Attifée pour un rôle censé se passer au Moyen Age, elle trouve qu’elle a l’air «cruche», s’éprend d’une petite chèvre promise à la broche après le tournage. Bardot appelle son agent, achète la chèvre et stoppe définitivement sa carrière. Elle sera constamment relancée, les producteurs espérant toujours faire un coup en déclenchant un potentiel come-back. En vain.
Bridgeman Images