On sent peut-être derrière cette sélection à la Quinzaine des réalisateurs la volonté de reproduire le carton plein de Divines, vainqueur de la Caméra d’or en 2016, qui mettait en scène deux jeunes filles délurées et déterminées à accomplir leurs rêves de réussite ; on retrouve d’ailleurs au casting Déborah Lukumuena (une des Divines) et Souheila Yacoub (vue aussi dans De bas étage, également à la Quinzaine), qui endossent les rôles criards de deux amies prêtes à tout pour réussir sur les planches – sauf à trahir leur amitié, bien entendu. Ça pique déjà un peu les yeux au début lorsque, la caméra vissée aux moues de ses actrices, Anaïs Volpé multiplie les situations fantaisistes et les dialogues qui font «tchatche» (du niveau «t’es qu’une omelette aux lardons !!»), misant tout sur le naturel indiscutable de quelques bons fous rires semi-improvisés, et ça ne passe plus du tout lorsque déboule le cancer de l’une des deux. A ce moment-là, l’inconséquence vis-à-vis de ce que le film prétend filmer (rien de précis n’est jamais montré sur la maladie, le deuil) devient assez insoutenable, tant Entre les vagues continue d’avancer mine de rien, appuyant avec un systématisme affligeant sur les boutons «rires» ou «pleurs» d’une séquence à l’autre, et ne laissant pas d’autre choix que l’émotion face aux visages baignés de larme
Tchatche
«Entre les vagues», amies pour le vide
Réservé aux abonnés
Le film d’Anaïs Volpé suit deux copines qui veulent devenir actrices, s’employant lourdement à tirer des larmes.
Déborah Lukumuena et Souheila Yacoub en amies pour la vie. (Unité)
Publié le 15/07/2021 à 5h30
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus