Deux heures vingt-huit survoltées sur une jeune strip-teaseuse et escort emportée dans le tourbillon d’une vie de milliardaire pendant quelques jours, champagne, défonce, virée à Vegas dans les bras d’un fils pourri gâté d’oligarques russes, jusqu’à… la descente, avec reprise en main par l’entourage du freluquet pour une délirante virée de bras cassés ? On s’était dit qu’ils n’oseraient pas, mais si. La palme d’or à Anora de Sean Baker, qu’il a dédiée sur la scène du Palais des Festivals à tous les travailleurs et travailleuses du sexe d’hier, d’aujourd’hui et de demain, est un geste gonflé et réjouissant, celui d’un jury se laissant emporter par les sirènes de toute sa séduction si américaine plutôt que d’y résister au nom de l’esprit de sérieux, qui a plombé plus d’un palmarès sadique. Et même si on avait rêvé de l’or pour Payal Kapadia et son sublime All We Imagine As Light, on n’en veut pas à Greta et son orchestre de ne pas avoir boudé leur plaisir. Le choc d’Anora, outre la maestria de son style, qu’on pourrait qualifier d’artisanal sous speed, empruntant au meilleur des frères C
Palmarès
Festival de Cannes 2024 : «Anora» de Sean Baker, la grande amphète du cinéma
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Au terme d’une 77e édition jouant à fond de tous les contrastes au risque de la cacophonie, le jury présidé par Greta Gerwig aura finalement consacré les films les plus emballants de la sélection.
Sean Baker, ce samedi 25 mai. (Scott A Garfitt/Invision. AP)
Publié le 25/05/2024 à 21h58
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