Il y a ce vieux daron en smoking, dans une nouvelle boîte cannoise sélecte, qui présenterait bien s’il n’y avait ce souffle fétide d’alcool fort et cette sale patte poisseuse qui ne lâche pas la nôtre sous prétexte d’un baisemain. Et il y a le père imaginé par Andrea Arnold dans Bird, impulsif et surtatoué, lui-même à peine entré dans l’âge adulte et complètement dépassé par ses deux ados avec qui il vit dans un squat peu ragoûtant dans le nord du Kent où l’alcool et la drogue circulent sous les yeux des enfants. Quelle élégance pourtant dans ce personnage bordélique mais profondément aimant incarné par Barry Keoghan, son accent à couper au couteau, sa dégaine de loubard, son aisance folle en trottinette électrique débridée. L’Irlandais coutumier des rôles de gosse bizarre – tueur de chat dans la série Love/Hate, ado inquiétant chez Lánthimos (Mise à mort du cerf sacré), fils simplet dans les Banshees d’Inisherin – a aujourd’hui 31 ans et se réjouit de jouer enfin un rôle de père. «C’est très nouveau pour moi, ça m’a poussé à aller chercher un endroit que je ne pensais pas réussir à atteindre. J’ai beaucoup appri
Portrait cannois
Festival de Cannes 2024 : Barry Keoghan, instinct suspendu
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Habitué aux rôles de gamin bizarre, l’Irlandais au passé rude et au jeu instinctif incarne un père bordélique et aimant dans «Bird» d’Andrea Arnold.
Barry Keoghan, à Cannes, vendredi 17 mai. (Laura Stevens/Modds)
ParMarie Klock
Publié le 20/05/2024 à 17h47
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