C’est précédé d’un grand bruit, politique et épique, que Mohammad Rasoulof arrive à Cannes à temps pour présenter son film, en compétition et en personne. Son arrivée en haut des marches était annoncée mais pas certaine : sorti clandestinement d’Iran à pied par les montagnes ces derniers jours pour échapper à l’exécution d’une peine de huit ans de prison assorti de coups de fouet prononcée à son encontre pour «collusion contre la sécurité nationale», le cinéaste est passé par l’Allemagne, où il devrait obtenir asile, et attendait la confirmation que la France le laisserait entrer sans son passeport, confisqué en 2017 par le régime. Rasoulof fait partie des figures de la culture iranienne restées sur place (il s’était toujours refusé jusqu’ici à quitter son pays) à tenir tête à la censure, aux intimidations et à la répression.
Domination nue
Ayant fait plusieurs séjours en prison depuis sa première arrestation en 2009 en compagnie d’un autre cinéaste, le célèbre Jafar Panahi, Rasoulof partage avec ce dernier le sort d’être devenus des symboles actuels de la férocité, pas nouvelle mais qui s’aggrave, du pouvoir envers les artistes et les œuvres, dont la récente condamnation à mort




