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Festival de Cannes

«Boy From Heaven», le Cairote et le bâton

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Prix du scénario à Cannes, le Suédo-Egyptien Tarik Saleh plonge un jeune étudiant dans un panier de crabes politico-religieux à l’université al-Azhar du Caire, dans un film intéressant mais trop explicatif pour se démarquer.

Adam se retrouve dans la position de la taupe. (Atmo Righs AB)
Publié le 20/05/2022 à 20h10, mis à jour le 28/05/2022 à 22h49

Adam mène une existence simple entre sa foi, qu’il pratique dans la mosquée de son village, et la pêche, au côté de son père. Une vie appelée à s’écouler ainsi pendant l’éternité et dont il est presque arraché par surprise lorsqu’il reçoit une bourse et la bénédiction de son paternel pour aller étudier au sein de l’université al-Azhar. Déjà étourdi par le raffut du Caire et sa découverte de l’éblouissante enceinte de ce phare de l’islam sunnite, le campagnard a le tort de débarquer en pleine révolution de palais, puisque le grand imam vient de s’éteindre. Une vacance du pouvoir qui attise les convoitises en rebattant les cartes entre modérés et islamistes et attire le regard des services de sécurité égyptiens, déterminés à placer leur candidat, quitte à laisser quelques cadavres sur le chemin. Rapidement, Adam se retrouve dans la position de la taupe, chargée de dresser l’état des pouvoirs au sein de l’institution.

Faux airs de battle rap

De mère suédoise et de père égyptien, Tarik Saleh effectue ses premiers pas à Cannes et en Compétition officielle avec ce Boy From Heaven qui fait suite au très réussi Le Caire confidentiel (2017), polar envapé et double sur fond de révolution place Tahrir. Si l’on sait que le cinéaste est persona non grata en son pays depuis des années, on ne peut s’empêcher d’aborder ce film avec la même fascination exotique que peuvent exercer d’a

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