Pourrait-on imaginer, in extremis, à l’avant-dernier jour de la compétition officielle cannoise, un film qui renverrait dos à dos tous les autres ? Un film capable, non pas de tout sauver, mais de tout annuler : la course en sac à la palme d’or, les galas au bord du gouffre, les baisses de la fréquentation, l’influence néfaste de Mercure rétrograde sur les chiffres du marché, la énième mort du cinéma. Comment s’y prendrait-il ? En se détournant de ce que les autres cherchent encore : sujet, dramaturgie, récit, mise en scène ? Profondeur, vraisemblance, engagement, émotion. Puissance. Vieux mots-clefs, qui tiennent plus que jamais le haut du pavé. C’est à une vraie Restauration qu’on assiste, compréhensible réaction de panique cherchant, pour sauver les meubles, à prendre appui sur un plancher bien connu mais pourri. Un tel film, s’il se montrait à la hauteur de la situation, mettrait toutes ses forces à l’aggraver, pour voir à la fin ce qui reste – où on en est, quand tout a explosé. Et il raconterait, au passage, quelque chose des autres films : de leur isolement radical quand ils croient toucher au réel. De l’impuissance d
On y Croisette
«Pacifiction», île de la sensation
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Laissant Benoît Magimel, haut-commissaire en costard blanc, se débattre dans la moiteur de Tahiti, Albert Serra offre un grand sursaut au Festival de Cannes.
A Tahiti, le haut-commissaire De Roller, équivalent local du préfet, représente l’Etat. (Les Films du Losange)
ParLuc Chessel
Publié le 26/05/2022 à 20h00
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