Caméra au poing dans les rues de Téhéran, au cœur des soulèvements survenus en 2009 après l’élection jugée frauduleuse du conservateur Mahmoud Ahmadinejad, la cinéaste et plasticienne Bani Khoshnoudi filmait «le mouvement vert» sans projet préalable, pour ne rien perdre de cette insurrection historique. Des femmes, les mains pleines de tracts, scandent des slogans pour la libéralisation du divorce.
Des chants nocturnes résonnent sur les toits de la ville, des marées humaines sont dispersées dans le sang… Dans le stupéfiant The Silent Majority Speaks, les images à vif des révoltes modernes, floutées pour dissimuler l’identité des manifestants, répondent aux archives des révoltes d’hier. Retraçant cent ans de résistance et de répression politique en Iran, ce va-et-vient temporel nous prend à témoin de la répétition de l’histoire et du pouvoir secret des images : «Lutter contre l’amnésie.» Ainsi s’élabore un essai pugnace sur la conscience révolutionnaire, d’abord signé sous pseudonyme, «The Silent Collective». Il compte parmi la vingtaine de films réalisés par des femmes, artistes et cinéaste




