Il serait aisé de réduire Fario à ce qu’implique le trop souvent fastidieux cahier des charges d’un premier film français : un sujet fort (les risques écologiques liés à l’extraction de terres rares), un genre (le fantastique rural) et surtout un personnage en crise qui finira par aller mieux au bout du chemin soigneusement tracé pour lui par le scénario. Si le film de Lucie Prost s’inscrit effectivement dans cette trame classique, un poil scolaire, il sait trouver des voies gracieuses et singulières pour intriguer de bout en bout. Par exemple, à sa manière de commencer le récit à Berlin, loin des enjeux qu’il sera bien temps de dérouler, histoire de faire connaissance avec Léo, antihéros en gueule de bois permanente, modèle d’insécurité masculine et de névroses en sédimentation. Ainsi, on ne comprend pas trop vite ce qui le ramène dans la campagne française, chez sa mère qui se conduit comme une ado («Tu sens la clope ? j’adore», lui lance Florence Loiret Caille, parfaite en veuve pas éplorée), de même qu’on ne saisit pas immédiatement qui sont les gens autour de lui : une petite sœur, un cousin, chacun est d’abord filmé comme un individu singulier avant que le personnage ne joue son rôle dans le récit qui s’élabore autour de Léo. Lui revient au pays natal pour ven
Critique
Le premier film de Lucie Prost comme un «Fario» dans la nuit
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Cette fable écolo sur le deuil avec Finnegan Oldfield et Megan Northam dresse le portrait d’une jeunesse pleine d’esprit face au désespoir.
Megan Northam et Finnegan Oldfield dans «Fario» de Lucie Prost. (Paname Distribution)
Publié le 23/10/2024 à 7h15
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