Baskets Prada, lunettes fumées, escorte de gardes du corps – qui ont toutefois été dispensés de l’accompagner jusqu’au box VIP de l’entretien. L’illustre chef de file du cinéma d’auteur indé chinois émergé dans les années 90, qui cumule aujourd’hui les casquettes d’élu de sa province du Shanxi et de patron-fondateur du festival de Pingyao, a la dégaine du businessman qu’il est devenu. De retour pour une 7e édition, c’est à mots réfléchis, forcément soupesés, que Jia Zhangke continue de défendre ses ambitions de grandeur pour la cinéphilie chinoise, que le Covid et les récents tours de vis du pouvoir n’ont pas épargnée.
Le festival s’ouvrait sur un court métrage que vous avez réalisé avec une intelligence artificielle. C’est osé, à l’heure où l’industrie, notamment Hollywood, se mobilise contre cette technologie…
On ne peut pas dire que j’étais sensible aux toutes dernières innovations jusqu’ici. En la matière, on pouvait même m’appeler un illettré. Mais en apparaissant dans nos vies, l’IA force les réfractaires comme moi à considérer son usage. Je m’y suis essayé à des fins expérimentales, comme d’un outil, en m’associant au département IA de l’université de Shanghai. Et y ai trouvé une forme de magie puisqu’il permettait à Charlie Chaplin, Roberto Rossellini et Fei Mu de s’asseoir à une même table pour bavarde




