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Traquenard

«La Fièvre de Petrov», quinte de tout

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Dans des scènes aussi absurdes qu’insupportables, le Russe Kirill Serebrennikov, raconte le quotidien chahuté d’un citoyen fiévreux.

Le ton est vite donné avec des prises de paroles incohérentes dans la lumière verdâtre d’un bus de nuit. (Hype Film)
Publié le 12/07/2021 à 18h56

Interdit de quitter le territoire russe après une condamnation pénale pour une obscure histoire de détournement de subventions publiques qu’il a toujours niée, Kirill Serebrennikov ne viendra pas expliquer en personne où il voulait en venir avec sa Fièvre de Petrov, film qui succède au séduisant Leto, dans lequel il racontait des fragments de vies rocks dans l’URSS des années 80. Dès la première séquence, le ton est donné avec ses chevauchements de prises de paroles incohérentes dans la lumière verdâtre d’un bus de nuit.

Petrov, un des voyageurs, a de la fièvre et il faut bien se faire à l’idée qu’on va le voir suer et tousser pendant deux heures trente, ce qui serait un moindre mal si un accordéoniste n’escortait tout du long ce calvaire quinteux de ponctuations musicales qui donnent envie au bout de dix minutes de lui arracher l’instrument des mains et de s’en faire une luge pour partir loin de ce traquenard.

Boulets de questions sans réponses

Qui peut encore sérieusement réclamer ces montées de sève de soi-disant «âme russe» qu’aucun surmoi ni couvercle n’empêche de jaillir et de se répandre partout en gerbes épileptogènes de logorrhée ivre sur la condition humaine, la déshérence post-soviétique ou la laideur morale du monde ? On est fatigué pour eux de les voir traîner ces boulets de questions sans réponses (où le suicide apparaît comme la plus riante des issues) ou de tirer à main nue des wagonne

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