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Vengeresse

«Lady Yakuza», sanguinaire à vif

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Réédition des huit films de la saga qui suit les aventures de la justicière nippone, joueuse de cartes invétérée. Bourrés d’inventivité, ces longs métrages des années 60 nous replongent somptueusement dans les violentes guerres de clans qui ont marqué le pays.

«Lady Yakuza: Prépare-toi à mourir !» (1971) de Tai Kato. (TOEI COMPANY, LTD)
Publié le 22/11/2025 à 5h41

Avant Tarantino et ses amazones vengeresses, une guerrière impavide en kimono blanc et regard d’acier maniait la dague avec maestria sans jamais perdre la mesure ni le sens de l’honneur. Avec Oryû, alias La Pivoine rouge (à cause de son tatouage à l’épaule), s’inventait ainsi à la fin des sixties, la figure inédite d’une femme yakuza, sillonnant le Japon avec la loyauté d’un samouraï et la gravité des esseulées tragiques. Tournés entre 1968 et 1972, les huit films qui composent la saga Lady Yakuza font aujourd’hui l’objet d’une belle réédition en version restaurée.

Dans les années 60, le cinéma japonais était en crise. Les majors – Nikkatsu, Shochiku, Daiei etc. – accusaient des pertes sèches face à la télévision, qui leur ravissait une part croissante du public. La Toêi, empire du divertissement populaire, réagit en initiant un genre : le ninkyô eiga, film de yakuzas chevaleresques, où des héros idéalisés se veulent les derniers défenseurs d’un code d’honneur féodal, déchirés entre le devoir (giri) et l’émotion (ninjô), et s’opposent à des clans sans foi ni loi. Ironie de l’histoire : derrière ces fictions codifiées, la Toei n’est pas un temple de vertu, le studio étant infiltré par de vrais pa

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