«La nature n’est pas un spectacle, c’est une vie partagée.» C’est une des dernières phrases qu’on saisit dans le Chant des forêts – une des rares qu’on y entend tout court. Le deuxième documentaire de Vincent Munier après la Panthère des neiges, carton inattendu de l’hiver 2021, adapté du livre de l’ingérable Sylvain Tesson, est un film où l’on se tait et attend, silencieux, en apnée, scrutant les plus infimes frémissements de l’image. «Se taire, écouter et voir, peut-être» : autre parole rare, précieuse, de ces 93 minutes en immersion profonde au cœur des Vosges, quelque part entre Gérardmer et Remiremont, à deux pas de chez Munier.
Si la Panthère des neiges reposait sur la quête, le dépassement, l’extraordinaire, le chant des forêts est son inverse quasi parfait. Un film intime, contemplatif, d’une puissance émotionnelle ahurissante, reposant sur deux transmissions. Celle de Michel Munier, père du cinéaste, à Simon, son petit-fils, qu’il va initier à l’affût, l’obs




