«Sacré métier», le jeu de mots fait sourire jaune. Il trône en titre du courrier que publie aujourd’hui Thomas Petit pour annoncer sa démission du poste de directeur du cinéma d’art et essai municipal, le Rutebeuf, de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). «Quand le sens de ce métier se perd, écrit l’exploitant, quand vous vous retrouvez à aller à l’inverse de ce pour quoi vous avez commencé à le faire, alors il est parfois nécessaire de dire stop.»
Charge à ceux qui le peuvent de lire entre les lignes. L’opposition municipale, par exemple. «Cette démission intervient consécutivement à la programmation en salle du docu-fiction Sacré Cœur sur laquelle des habitants nous ont d’ailleurs interpellés au vu de son caractère prosélyte», explique Dalila Bahmed, cheffe de file des Ecologistes de Clichy qui, comme d’autres forces de gauche – LFI, le PS, les communistes, Generation·s, et l’Après –, «en tirent les conséquences». Traduction : ils soupçonnent aujourd’hui la municipalité d’avoir fait pression sur le directeur du cinéma pour programmer ce film retraçant la vie d’une grande mystique du XVIIe siècle, sainte Marguerite-Marie Alacoque.
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Et en effet, confirme le maire Rémi Muzeau (DVD), pression a été exercée et ce «sans état d’âme», selon les mots de l’édile, qui précise à Libération : «Je tenais à ce que ce film passe, je l’ai fait savoir et ce monsieur [Thomas Petit, ndlr] a démissionné. Bon, je ne l’ai pas forcé à d




