«A la fin, évidemment, mon film parle de la solitude d’un homme qui vit avec les chiens dans la rue. La véritable damnation, c’est la solitude absolue. C’est ce que nous voulions montrer, tout notre désespoir. Jusqu’à Almanach d’Automne, je considérais que les problèmes du monde venaient de l’humain. Puis, je me suis dit que leur nature était plus cosmique. Autour de moi, je voyais ces chiens très laids, sous la pluie, dans la boue. Peut-être la merde est-elle réellement cosmique.» Ainsi, le cinéaste hongrois Béla Tarr – qui s’exprimait dans le Monde en 2011 avant une rétrospective consacrée à ses films – aura dû faire tout le chemin en une dizaine de films et un petit quart de siècle, étalé entre 1978 et 2011 : une appréhension des événements et des hommes sociologiques, électrisée par l’horreur et la violence faites aux gens qu’il croise, du bureaucrate à la communauté tsigane.
Puis ontologique, puisqu’il y a des raisons aux choses. Et enfin cosmique. C’est-à-dire sensitive, débarrassée d’un discours n’encombrant plus ni ses plans, ni ses personnages. Il s’en était expliqué un jour : une image de cinéma est fixée pour l’éternité. Elle est inef




