Alors qu’à un demi-mille marin de là, Top Gun : Maverick, porte-avions à réactions, faisait ses pirouettes sur la Cruisette, la Quinzaine des réalisateurs 2022 semblait promettre de s’ouvrir en meilleure compagnie aérienne. Dans l’Envol de Pietro Marcello, plutôt terrestre, l’avion n’est pas une machine à cascades, un pur moteur de l’action, il reste une image de rêve, une prophétie d’évasion, et le véhicule de forces historiques dans le ciel d’un étrange film d’époque. Premier film en français d’un Italien ici bien-aimé, l’Envol commence en 1918 par le retour au village d’un homme, revenant brisé de la Grande Guerre se recueillir sur la tombe de sa femme, disparue en son absence, et continue sur deux décennies, accompagnant l’enfance et l’adolescence de leur fille, Juliette, jusqu’à l’âge de vivre sa vie. Connu pour ses façons plastiques de rechercher le narratif, multipliant matières diverses, goût de l’archive et de l’anarchie, lyrisme du celluloïd, Pietro Marcello est peut-être avant tout un cinéaste littéraire, qui travaille avec les genres : la lettre d’amour, dans la Bocca del Lupo (2009), la fable, pour Bella e Perduta (2015), le roman majuscule avec
Décollage raté
«L’Envol» stationnaire
Réservé aux abonnés
Le cinéaste italien Pietro Marcello ouvre la Quinzaine des réalisateurs avec un premier film en français qui reste sur le bord du surnaturel et peine à émouvoir.
L’avion du film reste une image de rêve. (CG CINÉMA)
ParLuc Chessel
Publié le 18/05/2022 à 20h40
Pour aller plus loin :
Dans la même rubrique
Nos newsletters

Alerte Libé
Les alertes, infos et enquêtes Libé à ne pas manquer

Libé Matin
Le brief matinal idéal pour bien commencer la journée

Opinions
Les billets, éditos, tribunes ou chroniques qui font débat

Toutes nos newsletters
Actualité, politique, lifestyle... découvrez toutes nos newsletters

Les plus lus