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«Nonnesploitation»

«Les Dimanches» d’Alauda Ruiz de Azúa, nul et nonne avenu

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Le film d’apprentissage, phénomène total en Espagne, feint de s’intéresser à la foi d’une adolescente voulant rentrer dans les ordres mais se révèle une critique réac de sa famille libérale et progressiste.

«Les Dimanches» emprunte les codes du film d’auteur européen, mais pour proposer une inversion de ses valeurs habituelles. (le Pacte )
Publié aujourd'hui à 2h12

Carton dans son Espagne natale – plus de 600 000 spectateurs à ce jour, coquille d’or au Festival de San Sebastian, razzia de prix Feroz et de nominations aux Goyas – les Dimanches d’Alauda Ruiz de Azúa est un phénomène public et critique qui mérite, sinon forcément d’être vu, du moins d’être interrogé. Il raconte l’histoire d’Ainara, une adolescente de 17 ans qui finit son lycée et qui s’interroge, comme dans maint film d’apprentissage, sur sa vocation.

Mais il s’agit de sa vocation au sens fort : sentant grandir en elle la foi catholique, Ainara est attirée par la vie de religieuse cloîtrée et demande à son père la permission d’entrer, pour essayer, comme novice dans un couvent de la campagne basque. Ce projet suscite des remous dans son entourage, une famille bourgeoise peu croyante de Bilbao.

Cliché réac et manipulateur de base

Les Dimanches emprunte les codes du film d’auteur européen, une alliance de subtilités psychologiques et de formes génériques – cette platitude intense qui sait pouvoir s’appuyer sur le combo universel : fixation sur le visage humain et nappe de musique instrumentale, pour laisser affleurer de l’émotion en quantité. Mais c’est pour proposer une inversion de ses valeurs habituelles. Ici, la révolte de la jeune fille passe par un désir de tradition qui ébranle le cadre de pensée libéral de ses proches – et surtout de sa tante Maite, femme moderne – et en dévoile les contradictions voire en démasque l’hypocrisie, un peu selon le cliché réac, manipulateur de base, qui veut p

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