Oubliez les assistés, les parasites, les profiteurs, les radicaux et toutes ces formules encore un peu trop précises pour poser les termes de débats fantoches. Préférez leur plutôt un mot fourre-tout qui donne l’illusion de la discussion sans vraiment laisser de place au choix, quelque chose de si vaste que chacun pourra y mettre tous les individus ou groupes sociaux qui l’inquiètent, lui déplaisent ou contrarient ses ambitions. Préférez «les méchants». Le titre du premier film de Mouloud Achour et Dominique Baumard est assez génial dans sa façon d’encapsuler et de ridiculiser les chaînes d’info, leur hystérie collective, leurs plateaux d’experts en expertise, leurs directs d’envoyés spéciaux en mesure de confirmer qu’ils ne savent rien pour le moment. En condensant en un mot une forme de débilité profonde qui caractérise l’époque, les Méchants titille. Le geste semblait d’autant plus gonflé qu’Achour, rare rescapé du Canal pré-Bolloré, semblait taper directement sur le fleuron trash maison, CNews.
Duo pas désagréable
Le film s’articule autour de la traque de deux types, Patrick et Sébastien, responsables d’avoir giflé le rappeur Carcéral pou




