Un an après la mort de George Romero, en 2017, son épouse Suzanne Desrocher-Romero révélait l’existence d’un film perdu du père du zombie moderne, possiblement «son travail le plus terrifiant». Présenté aujourd’hui dans une version restaurée, l’objet est en effet on ne peut plus étrange et envoûtant. Réalisé en 1973, au lendemain de Season of The Witch par un Romero fauché, The Amusement Park étonne d’autant plus qu’il s’agit d’un travail de commande pour un groupe luthérien de Pittsburgh, où le cinéaste avait ses attaches depuis l’université. Chargé de mettre en garde contre le mauvais traitement réservé aux personnes âgées, Romero met sur pied un pamphlet allégorique et fiévreux, une sorte d’épisode spécial de la Quatrième Dimension réalisé à partir d’une matière quasi documentaire.
Série de tableaux embués
Après un propos liminaire dans lequel l’acteur Lincoln Maazel édifie le spectateur sur la maltraitance de personnes âgées, isolées, mal logées, privées de soins, et rejetées dans les marges de la société, The Amusement Park se charge de mettre en images ces injustices dans une série de tableaux embués comme un mauvais rêve après une soirée d’excès. On y retrouve Maazel dans le rôle d’un papi-archange tout de blanc vêtu en visiteur magique d’un parc d’attractions de Pennsylvanie où l’Amérique jeune et dynamique s’amuse bruyamment. A la fois gr




