Si tout film de fiction est aussi un documentaire sur son casting, les dernières apparitions de Depardieu, entre Maison de retraite de Thomas Gilou, Maigret de Patrice Leconte et ces Volets verts du jeune (89 ans) Jean Becker, indiquent clairement à qui s’intéresse encore à son cas à quel point il est au fond du trou. Désormais tricard pour sa poutinophilie grotesque dont il a dû se désempêtrer par un communiqué de condamnation de l’invasion en Ukraine, la star excessive semble mijoter dans un bain-marie de spleen terminal et se livre tout entier à un exercice d’understatement sensible dans cette adaptation d’un roman de Simenon que Pialat avait envisagé de tourner avant d’y renoncer.
Portrait de Jules Maugin, vedette du théâtre et du cinéma, alcoolique et menacé par l’infarctus, le film engoncé de velours, breloques, déphasé de tout, strié de rides et le souffle court, envoie son signal d’agonie depuis on ne sait quelle planète ralentie et morne qu’on imagine peuplée d’ectoplasmes bavards aux grands yeux d’enfants tristes barbotant dans un air raréfié et torpide. C’est la dépression au début, au milieu et, à la fin, il meurt. Evidemment, il n’est jamais possible de faire la part




