Paul Bosquet (Benjamin Voisin), qui se présente comme un multiple «world champion of tir», tient enfin en 2024 sa chance de participer aux Jeux olympiques. Or, «Paul le shériff», pas vraiment acquis à la philosophie de Pierre de Coubertin («l’important, c’est de participer»), lui préfère sa devise maison : «On vient, on gagne, on s’en va.» Oscillant entre burlesque et dialogues cinglants, l’Esprit Coubertin s’amuse ainsi de la rigidité à la fois physique et psychique de cette figure de sportif ridicule, patriote buté peinant à dissimuler un certain racisme dont le film se moque allégrement (comme lors d’une scène où il accroche un pin’s à l’effigie du drapeau français à sa veste déjà complètement tricolore). Alors que les JO proclament partout le collectif, l’inclusion et le fair-play, Paul est le petit Français éternellement revanchard, étendard d’une France borgne (à l’image de ses lunettes de tir équipées d’un cache œil). Il va devoir apprendre, au gré des péripéties de cette farce satirique signée d’un coréalisateur de la série Parlement, à dépasser ses a priori.
Naphtaline et années 80
Mais tout le sel goguenard de l’Esprit Coubertin tient en ce que, précisément, Paul ne jure qu’en apparence avec le petit monde des Jeux, dont les organisateurs maintiennent une façade de fraternité uniquement tant qu’elle permet de gagner de l’avancement ou du prestige. La part la plus savoureuse du film réside ainsi dans le contrepied qu’il prend par rapport à la mentalité sup




