Mars 1983, à Managua. Le peuple nicaraguayen et le gouvernement sandiniste attendent la visite du pape Jean Paul II. Sur les murs de l’aéroport, plusieurs fresques ont été réalisées, dont une gigantesque qui clame : «Le Nicaragua libre, grâce à Dieu et à la révolution.» La Cubaine María López Vigil, ancienne femme d’église devenue journaliste au Nicaragua, est venue couvrir l’événement. Elle remarque que le pape, conservateur et anticommuniste notoire, fulmine. Sur scène, il affirme que l’engagement politique affaiblit l’unité de l’Eglise avant d’être interrompu par la foule qui clame : «Nous voulons la paix.»
Quatre décennies plus tard, López Vigil, désormais historienne, souligne que le même pape qui refusa de serrer la main à Ernesto Cardenal, ancien prêtre devenu ministre de la Culture, alla le lendemain saluer Roberto d’Aubuisson, président de l’Assemblée législative du Salvador et commanditaire de l’assassinat de l’archevêque Oscar Romero, martyre de la répression d’extrême droite.




