Voyons, qu’aurait l’Argentine à nous apprendre sur l’argent ? Qu’est-ce qu’un pays croulant sous une inflation galopante, laquelle engage chacun à dépenser son chèque de fin de mois sitôt perçu de peur qu’il se dévalue dans l’instant, aurait à nous enseigner sur la dépense, et l’économie ? Poussant le système à son paroxysme, la vertigineuse envolée des prix criolla souligne qu’à chaque bloc de temps correspond effectivement son pendant d’argent, la dépense vitale s’incarnant, minute par minute, en pesos sonnant, trébuchant et filant trop vite entre les doigts. Le sujet traverse le cinéma argentin, jusqu’au foutraque Por el dinero de Alejo Moguillansky, vu à Cannes en 2019, qui s’amusait des inepties auxquelles doit se prêter une troupe de théâtre pour financer son art, et désormais le réjouissant et forcément assez long Los Delincuentes (3 h 10), sixième long métrage de Rodrigo Moreno, passé lui aussi par Cannes. Film de casse paradoxal, il met en scène deux zigotos tout gris bien décidés à ne pas s’en laisser compter par la société capitaliste dont ils sont pourtant un rouage essentiel, étant employés dans une banque, pour s’aventurer soudain sur des terres sauvag
Film de casse
«Los Delincuentes» de Rodrigo Moreno, conte bancaire
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Dans une Argentine rongée par l’inflation, le cinéaste imagine la cavale inattendue de deux ronds-de-cuir ayant braqué leur propre banque. Un film ample et lumineux sur le désir de liberté et les moyens d’y parvenir.
Le film s’installe dans les montagnes de la région de Córdoba. (Arizona Distribution JHR Films)
Publié le 26/03/2024 à 17h07
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