Au début on ne voit rien ni personne parce qu’on est trop loin. Ou bien les personnages sont de dos et les profils fuyants. Il y a des fenêtres et des balcons encombrés d’étendages, des pas-de-porte et des barres d’immeubles d’où des voisines se hèlent. En bas un terre-plein avec un parc où un groupe de lilliputiens, vu d’en haut, répètent les gestes d’une chorégraphie de fête. Cette définition de l’espace et une présentation des lieux extrêmement méthodique sont ce avec quoi Love Life engage son récit, sa minutie très concertée des distances. Une vie de quartier japonais, simple, familiale. L’ensoleillement maximal. L’enfant dans l’appartement joue à Othello, jeu de pions, avec sa mère. Elle a installé guirlandes et cotillons d’anniversaire. Dans cette ouverture, s’égaient les demi-teintes de la chronique, au fur et à mesure que ça se remplit, le petit monde pénètre dans l’appartement – c’est l’anniversaire du beau-père. On comprend que l’enfant est celui d’un précédent mariage, ce qui ne passe pas dans la tradition japonaise. Chacun se fâche, s’excuse, vaque, probablement s’aime – pas sûr, mais le karaoké familialiste et mélodieux invite à le croire, la pacification des sentiments quotidiens.
Demi-teinte
«Love Life» de Kôji Fukada, en un coup deuil
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Chronique cloisonnée de la vie d’une famille japonaise, le film propose de jolies idées sans réussir à sortir de l’atonie.
Rien ne décide le film à varier de rythme, à cesser d’avancer les épaules courbées. (Art House Films)
Publié le 14/06/2023 à 9h12
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