C’est l’histoire de deux maternités solitaires mais, en creux, c’est aussi celle de cette Guerre civile espagnole (1936-1939) qui n’arrive toujours pas à cicatriser. Pedro Almodovar, dont on a souvent dit qu’il était avant tout «un cinéaste de femmes», met en scène deux jeunes mères qui, à l’hôpital, enfantent seules. L’une (Penélope Cruz – l’égérie d’Almodovar présente dans 7 de ses 21 longs-métrages) est enthousiaste, l’autre (Milena Smit) est désespérée. Mais, au-delà de ces descendances qui bouleversent une vie, il y a des ascendances qui les traumatisent : où sont enterrés les arrière-grands-pères, ceux qui se sont battus au cours de la Guerre civile aux côtés des républicains et qui ont été tués par les franquistes ? La question surplombe Madres paralelas (Mères parallèles), remarqué à Venise et en salles en Espagne à partir de vendredi – il sortira en France le 1er décembre.
Elle hante et divise profondément la société espagnole contemporaine : près d’un demi-siècle après la fin de la dictature franquiste – instaurée après la Guerre civile, ses charniers et ses exils – une partie estime qu’il ne faut pas rouv




