La cérémonie sera aussi discrète que la star l’aura été ces dernières décennies. Deux semaines après sa mort le 28 décembre, le dernier adieu à Brigitte Bardot se déroulera mercredi 7 janvier à Saint-Tropez «sans chichi» et pour l’essentiel à l’abri des regards, sans le président de la République mais avec Marine Le Pen.
La députée RN a annoncé qu’elle se rendrait aux obsèques «à titre personnel et amical» pour exprimer «l’affection, la gratitude et l’admiration» qu’elle a pour l’icône du cinéma et pour soutenir son époux Bernard d’Ormale, ancien conseiller de Jean-Marie Le Pen.
Des bouquets «simples et colorés»
«Nous pleurons une légende du siècle», avait commenté Emmanuel Macron sur X, le jour de la disparition de l’actrice. Mais le Président, que Brigitte Bardot n’appréciait guère, ne répondra pas présent aux funérailles de mercredi.
«La cérémonie sera à son image, avec celles et ceux qui l’ont connue et aimée. Il y aura sans doute des surprises, mais ce sera dans la simplicité comme le voulait Brigitte», explique à l’AFP Bruno Jacquelin, directeur des relations publiques de sa Fondation, dédiée à la protection des animaux.
Si plusieurs artistes sont attendus, aucune indication n’a été donnée sur la présence éventuelle de son fils et de ses proches. Son fils, Nicolas-Jacques Charrier, 65 ans, vit à Oslo et a entretenu une relation compliquée avec la star, qui s’était dite dénuée d’instinct maternel et l’avait laissé à son père, Jacques Charrier, décédé en septembre. La sœur de Brigitte, Mijanou, 87 ans, qui a elle-même connu une brève carrière au cinéma, ne devrait pas faire le déplacement depuis Los Angeles.
A lire aussi
La cérémonie religieuse doit débuter à 11 heures à l’église Notre-Dame de l’Assomption, dont le clocher, actuellement en travaux, orne les cartes postales du petit village de pêcheurs qui l’a vu éclore et qu’elle a contribué à populariser.
L’inhumation, qui se déroulera dans l’intimité au cimetière marin, en contrebas de la Citadelle, face à la Méditerranée, sera accessible sur invitation et «sans chichi», insiste sa Fondation, qui a demandé des bouquets «simples et colorés» de fleurs champêtres, sans roses. Des tenues foncées sont en revanche souhaitées, allusion au noir que portait BB depuis des années «pour porter le deuil des animaux».
Un hommage qui a divisé la classe politique
La photo, en noir et blanc, choisie pour le faire-part, celle «que Brigitte Bardot préférait», montre l’actrice sur la banquise canadienne en 1977 tenant dans ses bras un bébé phoque. Devenue passionaria de la cause animale, la star «a fait en sorte que sa Fondation soit pérenne» après elle, assure Bruno Jacquelin. La Fondation et son mari, Bernard d’Ormale, ont d’ailleurs demandé la création d’un secrétariat d’Etat pour la cause animale, déjà réclamé par l’actrice.
L’Elysée avait proposé de lui organiser un hommage national, à l’image de ceux rendus ces dernières années à Johnny Hallyday, Charles Aznavour ou Jean-Paul Belmondo. Mais sa famille n’a pas donné suite, de la même manière qu’Alain Delon l’avait refusé par avance.
A lire aussi
Mais l’idée d’un tel hommage, encouragé par Eric Ciotti, a divisé la classe politique, faisant l’objet de vives critiques notamment à gauche.
A Saint-Tropez, le public pourra suivre la cérémonie sur deux écrans géants disposés devant les yachts sur le port et sur la place des Lices. Dans l’après-midi, un hommage ouvert à tous est prévu au Pré des Pêcheurs, un espace en bord de mer dédié aux événements : «A ce moment-là, tout le monde l’évoquera et partagera ses plus beaux souvenirs avec elle», explique la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, à Var Matin.
A lire aussi
Souhaitant reposer avec ses animaux et redoutant qu’une «foule de connards» envahisse le cimetière, Brigitte Bardot avait plusieurs fois évoqué son désir d’être enterrée à La Madrague, la maison de pêcheur où elle a vécu et s’est éteinte à 91 ans entre Noël et le jour de l’An.
Elle a finalement pris d’autres dispositions et sera enterrée au cimetière où reposent déjà certains de ses proches.




