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Libération
Disparition

Mort de Roger Corman, maître adulé de la série B

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400 productions, 60 réalisations, des budgets ultraserrés allant jusqu’au système D mais rentables : le cinéaste, découvreur de talents comme Coppola, qui fait son retour au festival de Cannes, ou Nicholson, est mort jeudi 9 mai à 98 ans. Il avait construit en marge d’Hollywood un écosystème cinématographique kitsch et bricolé, témoin de la pop culture américaine.
Roger Corman sur un tournage en 1967. (The Kobal Collection/Aurimages/Aurimages)
publié le 12 mai 2024 à 9h15
(mis à jour le 12 mai 2024 à 9h15)

«Un aspect intéressant de la carrière de Corman est qu’il est devenu la mascotte (sinon la coqueluche) des critiques tout en ayant certainement réalisé certains des pires films jamais faits», résumait le grand critique américain Roger Ebert en 1967. Roger Corman, surnommé «le pape du cinéma pop», est mort à l’âge de 98 ans et on ne voit pas de successeur évident à l’homme ayant usiné plus de 400 productions et 60 réalisations, maître de la série B indépendante (à bébêtes et bécanes). Il sut aussi jeter des ponts avec Hollywood en y lançant d’illustres débutants comme Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Jack Nicholson ou James Cameron.

Né à Detroit en 1926, Roger William Corman se destinait à une carrière d’ingénieur industriel quand il plaqua tout pour rentrer dans l’industrie du cinéma grâce à son frère, agent. S’ensuit la trajectoire classique d’alors : débuts au courrier de la Twentieth Century Fox, puis lecture de scénarios. Mais se sentant déjà corseté par les studios («On m’a dit : “Roger, tu ne donnes que des analyses négatives sur ce qu’on t’envoie.” Je leur ai répondu : “C’est parce que je suis le plus jeune ici et que vous me refilez tous les trucs pourris.”»), il