Libération
Frederick Wiseman, le 30 octobre 2017 à Paris.Frederick Wiseman, le 30 octobre 2017 à Paris. (Jérôme Bonnet/pour Libération)
Disparition

Mort du documentariste Frederick Wiseman, l’Amérique en profondeur

Article réservé aux abonnés
Ecoles, prisons, hôpitaux, tribunaux… L’inlassable et prolifique documentariste autodidacte, immense portraitiste de la société américaine, n’a jamais voulu se réclamer du cinéma vérité, préférant rapprocher son travail du théâtre et de Beckett. Il est mort à 96 ans.
publié le 16 février 2026 à 22h59

Frederick Wiseman fut-il un homme sage ? Moins philosophe que pince-sans-rire, il se qualifiait plutôt de «cinéaste instinctif», précisant : «Je suis mon nez, mes grandes oreilles, mes yeux.» D’une prison psychiatrique du Massachusetts au restaurant étoilé de la famille Troisgros, à Ouche, près de Roanne, son instinct l’aura conduit sur de nombreux chemins, faisant de lui l’un des plus grands documentaristes de l’histoire du cinéma.

Professeur de droit à Boston, il a plus de 35 ans quand, en 1966, il réalise son premier film, qui se trouve être aussi un des plus sidérants qui soient : Titicut Follies, documentaire tourné à Bridgewater, pénitencier à sécurité maximale pour criminels atteints de troubles psychiques. Censuré pour le grand public pendant plus de vingt-trois ans, le film n’en pose pas moins les bases de l’œuvre, immense, de celui qui se décrivait comme un «fantaisiste fanatique obsessionnel». Ecole, police, hôpital, armée, tribunal pour enfants, centre d’aide sociale… Avec systématisme, son intérêt se porte sur les institutions américaines. Avant que le périmètre ne s’élargisse : un petit monastère (Essene

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique